14 juillet 2020

JPEG

JPEG

Monsieur le Président du Grand Conseil,
Madame la Conseillère d’Etat, Représentants de la République et Canton de Genève,
Monsieur le Conseiller d’Etat, Représentant du Canton de Fribourg
Monsieur le Recteur de l’Université de Genève,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Consuls généraux et Représentants des corps diplomatique et consulaire,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Sénateur,
Mesdames et Messieurs les Maires et Elus du Grand-Genève,
Mesdames et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger,
Mesdames et Messieurs les Délégués consulaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants du monde associatif,
Mesdames et Messieurs, Représentants les autorités civiles et militaires en vos grades et qualités,
Mesdames et Messieurs, Représentants les institutions et les personnels en charge de la santé,
Mesdames et Messieurs, Représentants les forces de police et les gardes-frontières,
Mesdames et Messieurs, Représentants de la culture, des arts, de l’éducation, de la recherche scientifique, de la presse, et de la solidarité,
Mesdames et Messieurs, Représentants les entreprises et le secteur économique
Monsieur l’Ambassadeur, Madame Rivasseau,
Mesdames et Messieurs, Mes Chers Compatriotes, Chers Amis Suisses, Chers amis,

Après avoir écrit cette introduction protocolaire et en la relisant devant vous à cet instant, je mesure, avec humilité, l’incroyable tissu de liens, de relations et de solidarités qui nous unit toutes et tous, quels que soient nos grades et qualités.

En arrivant en août 2019, ici en Suisse romande, avec mon épouse Emmanuelle et mes enfants, j’ai découvert un pays, des hommes et des femmes, Suisses, Français, de toutes nationalités, engagés avec passion et talent dans leurs activités. J’ai découvert une histoire, des traditions et une culture qui puisent leurs racines dans des paysages magnifiques sculptés par le temps et les éléments et qui laissent au « promeneur solitaire » toute la place aux rêveries, rêveries qui transcendent la nature comme seul vrai refuge contre le « torrent du monde ».

Et, ces derniers mois, reconnaissons-le, le torrent du monde ne nous a pas épargné.

Cette crise sanitaire, cette pandémie a touché beaucoup d’entre nous. Combien de familles et de proches ont ainsi été éprouvés ? Beaucoup ici peuvent témoigner de ce qu’ils ont vécu durant cette période difficile et angoissante.

C’est pour cette raison, qu’avec l’Ambassadeur François Rivasseau et Mme Elisabeth Rivasseau – que je remercie chaleureusement pour leur accueil en ces lieux magnifiques -, nous avons souhaité nous unir pour célébrer, aux côtés des élus représentants les Français de Suisse et avec vous, notre fête nationale dans ce contexte particulier, une célébration en sobriété et en simplicité, dans un esprit d’unité et de solidarité, de recueillement et de reconnaissance.

En ce jour particulier, je vous propose de nous recueillir un instant pour penser à celles et ceux qui nous ont quittés. Je vous invite à une minute de silence en leur mémoire et en soutien à leurs familles. [Minute de silence]
Pensons aussi à celles et ceux qui sont encore hospitalisés ou malades, aux familles inquiètes et à toutes celles et tous ceux qui ont apporté soins et réconfort aux malades. Aussi, permettez-moi de me tourner vers les femmes et les hommes qui représentent les institutions hospitalières suisses et françaises et l’ensemble des personnels de santé qui se sont joints à nous.

Au nom de la France que j’ai l’honneur de représenter dans les six Cantons de Suisse Romande, je souhaite vous témoigner ma plus profonde gratitude. Vous avez, par votre action, sauvé de nombreuses vies, victimes d’un virus dont on ne savait pas grand-chose. Votre courage et votre dévouement méritent toute notre reconnaissance.

Durant cette crise, Nous, Français, nous nous souviendrons qu’alors que nombre de nos hôpitaux étaient en grande difficulté, les autorités suisses, fédérales et cantonales, les directions et les équipes médicales des hôpitaux ici présentes ont donné leur accord pour accueillir de nombreux malades et leur apporter des soins alors que beaucoup se trouvaient dans une situation critique.

Je tiens ici à remercier solennellement devant vous toutes et tous, Mme Emery-Torracinta, Conseillère d’Etat de la République et Canton de Genève et de M. Maurice Ropraz, Conseiller d’Etat du Canton de Fribourg de leur aide et de leur soutien sans faille durant cette période si difficile. J’associe à ces remerciements tous les responsables des Cantons romands qui ont accepté d’accueillir les malades en provenance des hopitaux français. Nos liens d’amitié étaient forts ; ces épreuves les ont encore renforcés.

Merci également à l’ensemble des personnels des hôpitaux cantonaux de Suisse Romande, aux médecins et aux équipes médicales ici présents pour l’engagement et le dévouement exemplaires qui furent les vôtres durant ces longues semaines. C’est aussi vers vous, Mesdames Charrier-Dardaillon, Pomeris et Chivoret et messieurs Naville, Filliol et Hesso, infirmières et infirmiers en hôpital ou en EMS, responsables des soins infirmiers que je me tourne pour vous rendre un hommage particulier.

A vous toutes et tous, qui avez affronté l’impossible et qui avez sauvé de nombreuses vies, accompagné les familles endeuillées, redonné de l’espoir, apporté soutien et bienveillance, adapté vos organisations, mis en place de nouvelles procédures, développé de nouvelles pratiques.

Nous vous devons bien plus que de la reconnaissance. Nous vous devons la vie.

Et pour cela, autant dire un mot qu’on ne dit jamais assez : merci. [Invitation aux applaudissements]

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, alors que le monde n’en a pas encore terminé avec cette épidémie, nous nous devons d’être prudents, de préserver les nôtres et de nous prémunir nous-mêmes contre cette maladie. Les laboratoires du monde entier travaillent à rechercher traitements et vaccins et je voudrais saluer par l’intermédiaire de mon ami, le Recteur Yves Flückiger ici présent, le travail des chercheurs qui œuvrent en coopération avec de nombreuses institutions universitaires et laboratoires dans le monde. Chaque chercheur, du fait de ses travaux, porte l’espoir de l’humanité toute entière. Nous nous devons de les soutenir dans cette démarche globale, faite de coopérations innovantes.

Cette crise a également démontré d’autres aspects. Avec les restrictions qu’imposait la situation épidémique, les autorités françaises et suisses n’ont cessé de mener un dialogue renforcé sur le sujet difficile de nos frontières communes. Les fermetures et la réouverture progressive des poste-frontières, la régulation des flux de passage ont démontré toute la difficulté de cette mission et je voudrais rendre hommage aux douaniers et garde-frontières, policiers et militaires, ici présents, qui ont eu en charge cette responsabilité inédite.

Ces mesures, imposées par la situation, ont démontré, s’il le fallait encore, l’incroyable tissu de liens qui unissent les citoyens de nos deux pays : des liens familiaux ou intimes, des liens de parentalité, des liens d’amitiés, des liens sociaux, culturels, économiques… en un mot des liens humains, des liens que vous représentez toutes et tous ici, aujourd’hui.

C’est, je crois, ce qui fait la richesse de cette communauté de vie transfrontalière et sur laquelle les élus et les administrations suisses et français, ici présents, mobilisés sur ces sujets depuis de nombreuses années, entretiennent les meilleures relations, dans l’intérêt des populations de ce grand bassin transfrontalier franco-suisse. Ce grand bassin de vie est une terre de solidarités, de traditions, d’histoire commune, d’échanges denses dans tous les domaines et de coopérations innovantes qui, je le crois, doivent toujours chercher à se renforcer.

Cette crise nous aura montré l’importance de ces liens. Elle nous donne l’opportunité de les renforcer davantage et j’ose même dire qu’elle nous y oblige. Nous y travaillons déjà et y travaillerons encore davantage.

La crise a également démontré qu’elle pouvait être encore plus difficile avec les personnes fragiles sur le plan social. On ne soulignera jamais assez combien il est aussi de notre responsabilité d’identifier et de tendre la main à celles et ceux de nos concitoyens dans la détresse et le besoin. La crise a encore aggravé les inégalités et a exigé que nos Etats prennent des mesures courageuses pour accompagner les uns et les autres. Des initiatives solidaires ont été initiées par toutes les collectivités et les municipalités, par des citoyens, des associations ou des organisations, il nous faut les encourager, les soutenir. C’est notre devoir et notre mission.

Alors, permettez-moi de vous inviter à contribuer de la manière qui vous paraîtra possible pour initier ou soutenir des actions solidaires en direction de celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Mesdames et Messieurs,

Lorsque j’ai préparé ce discours, j’ai demandé à des jeunes de part et d’autre de la frontière ce qu’ils aimeraient que je dise. Ils sont ici parmi nous et je les remercie de m’avoir remis un texte. Plutôt que d’en faire une synthèse, je préfère vous en lire un extrait et ce sera ma conclusion. Je cite : « Notre société est bâtie sur toujours plus de consommation, toujours plus d’individualisme. On accumule pour accumuler. On est en compétition avec d’autres qui accumulent également. Et finalement, on accumule toujours plus de frustrations. Cette quête se transforme en toujours plus de croissance et au final, c’est notre planète qui en paye le prix fort. Nous souhaitons une autre ambition, une ambition pleine de sens, un nouvel élan de solidarité, une prise de conscience collective et globale, pour plus d’empathie et de bienveillance, des collaborations nouvelles plus solidaires que compétitives. C’est ce monde que nous voulons bâtir. »

Merci Léa et Ayman pour ce message très fort et que vous exprimez si bien. Il nous oblige.

Ce message est également porté par nombre de jeunes que j’ai eus l’occasion de rencontrer dans les écoles que j’ai visitées dans la circonscription. L’éducation est essentielle. Je pense que Madame Emery-Torracinta, Conseillère d’état en charge de l’Instruction publique, les représentants des écoles et lycées, les personnels enseignants ici présents, ne me diront pas le contraire. Malgré la crise, vous avez poursuivi vos missions au service des jeunes générations et de l’éducation. Vous avez innové, bouleversé vos organisations, investi dans du matériel de haute technologie pour maintenir le lien avec les élèves, et notamment celles et ceux qui pouvaient rencontrer des difficultés. Soyez remerciés pour tout ce que vous avez entrepris. L’éducation est une des missions les plus nobles car elle forme celles et ceux qui seront à notre place demain. Soyons à l’écoute de cette jeunesse pour l’aider à bâtir un modèle de société plus solidaire et plus bienveillante.

Dans un monde en plein bouleversement, ma conviction, et votre conviction je le sais, est que la relation franco-suisse est plus cruciale que jamais car elle repose sur des valeurs partagées. Des valeurs au service de la démocratie, au service des droits de l’homme, au service du développement et de la solidarité. Des valeurs communes à nos deux pays. Des valeurs que nous célébrons en ce 14 juillet. Elles constituent notre meilleur guide pour agir et rester unis et solidaires.

Vive la Confédération Suisse
Vive la République et vive la France
Vive l’Europe
Et Vive l’amitié Franco-Suisse

Discours du consul général de France à l’occasion de la cérémonie en l’honneur de la fête nationale - 14 Juillet 2020 (format pdf)

publié le 14/07/2020

haut de la page