Discours de M. Olivier Mauvisseau à l’occasion de la Fête nationale

Le 14 juillet 2017, le Consul général de France à Genève, M. Olivier Mauvisseau a reçu quelque 650 personnes à l’occasion de la Fête nationale. Il leur a adressé le discours suivant :

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C’est un honneur pour moi de célébrer, pour la première fois, avec vous tous, notre Fête nationale. C’est un grand plaisir de vous retrouver au château de Coppet, qui nous reçoit ce soir.

J’adresse mes très sincères remerciements aux autorités du canton de Vaud et de la commune de Coppet, sans le soutien desquels cette manifestation ne pourrait pas avoir lieu. Cette réception existe également grâce au concours que le consulat général a obtenu auprès de plusieurs partenaires. Ceux-ci ont apporté une contribution essentielle au déroulement de la manifestation de ce soir. Qu’ils en soient tous très chaleureusement remerciés :

  • La Banque du Léman
  • La Banque Transatlantique
  • La maison BISA
  • Digital Flyer
  • Feldschlösschen
  • La grande boucherie du Molard
  • La maison Martel
  • La maison Nicolas
  • Pernod Ricard Swiss
  • ProntoPhot
  • La société Total

Nous serons accompagnés ce soir par une animation musicale, assurée par le groupe Pantone. Je les remercie beaucoup de leur contribution.

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Il y a très exactement 200 ans, jour pour jour, s’éteignait ici celle dont le nom est à jamais attaché à ce lieu, Anne, Louise, Germaine Necker, que nous connaissons mieux comme la baronne Germaine de Staël. Cette coïncidence de date est frappante, s’agissant d’une personnalité dont le nom demeure, entre autres choses, lié à l’idée républicaine, même si, à ses yeux, la forme du régime, républicaine ou monarchique, compte moins que la modération, l’équilibre des pouvoirs, l’indépendance de la Justice, les droits de l’individu.

Quelle modernité dans cette énumération ! Dans les pages qu’elle a consacrées à l’esprit de parti, Mme de Staël atteint une perspicacité que nous admirons chez un auteur qui n’a connu ni le fascisme, ni le nazisme, ni le communisme, ni l’islamisme. Elle avait, en réalité, une sorte de prescience du fanatisme futur en observant les adeptes de Robespierre et les émigrés de Coblence.

Et puis, il y a la femme, oh combien surprenante, dérangeante, éblouissante et horripilante, traitée de « grosse femme avec son turban », de « dragon », de « femme impétueuse que les deux sexes regardent comme une méprise de la nature ». Germaine de Staël n’en a cure. Elle a eu cinq enfants, de plusieurs hommes différents. Elle collectionnait les amants, elle qui disait « l’amour est un égoïsme à deux » et « de tous les hommes que je n’aime pas, c’est certainement mon mari que je préfère ». A moins de trente ans, elle exprime simultanément une passion amoureuse désenchantée digne des futurs romantiques et l’extraordinaire lucidité d’une tête politique visionnaire.

Je suis persuadé que Mme de Staël, invitée aujourd’hui sur un plateau de télévision pour commenter l’actualité, pourrait en remontrer à la plupart de nos analystes politiques...

Cette très grande dame a entretenu des rapports plus que tumultueux avec le jeune Napoléon Bonaparte, devenu plus tard l’empereur. Celui-ci ne disait-il pas : « j’ai quatre ennemis, le Prusse, la Russie, l’Angleterre et Mme de Staël ». C’est cette relation entre deux caractères d’exception qui sera retranscrite dans une pièce de théâtre, représentée ici ce soir. La forme en est celle d’une réconciliation, et nous retrouverons, pour les faire vivre devant nous, le talent de Brigitte Fossey et d’Alain Carré, accompagné par François-René Duchâble. Ce spectacle sera suivi d’une intervention de maître Marc Bonnant sur Talleyrand.

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Nous qui sommes en 2017, au milieu de tous les soubresauts que connaît notre époque, écoutons Germaine de Staël nous dire, à tant d’années de distance, avec son sens de la formule lapidaire : « Il faut, dans les temps modernes, avoir l’esprit européen ».

Chers amis, l’année écoulée a encore été très rude. Ayons une pensée pour tous ceux qui ont souffert, souvent dans leur chair, du terrorisme et de la barbarie. Reportons-nous, tout juste un an en arrière, dans la ville de Nice, où tant de familles ont été endeuillées. Nous vivons des temps où nos valeurs sont plus que jamais malmenées. Elles sont plus que jamais essentielles.

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Mesdames, Messieurs,

Je suis arrivé à Genève le 4 octobre 2016. J’ai retrouvé avec un immense plaisir ce que j’avais connu lors de mes missions en Suisse et au consulat général : la responsabilité du premier poste consulaire français par le nombre de Français inscrits au registre (plus de 150 000), installés dans les six cantons romands. Nous sommes ici sur le territoire du canton de Vaud, et j’en profite pour vous indiquer que c’est dans ce canton que réside le plus grand nombre de Français de notre circonscription (60 000).

Les Français de l’étranger, certainement beaucoup plus que d’autres expatriés, bénéficient d’une représentation élue très développée, dont la mission est la défense de leurs intérêts et le relais de leurs préoccupations auprès de l’administration française.

2017 a donné aux Français de Suisse et du Liechtenstein un nouveau député, Joachim Son Forget. Il sera, comme l’a été sa prédécesseure, Mme Claudine Schmid, un interlocuteur indispensable du poste. Je le félicite pour son élection et l’assure de toute ma disponibilité, ainsi que de celle de toute l’équipe du consulat général, dans l’exercice de son mandat.

Le consulat général entretient également des relations très régulières avec les autres représentants élus des Français de Suisse romande que sont les conseillers et les délégués consulaires. Leur aide est précieuse, en particulier dans le travail de nos réunions appelées les conseils consulaires, où sont évoquées, de manière thématique, les préoccupations de nos compatriotes. Je les remercie toutes et tous pour la qualité du dialogue que nous entretenons avec eux et pour l’amitié qu’ils m’ont témoignée.

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Après une expérience en tant qu’Ambassadeur en Islande, j’ai souhaité retrouver le terrain consulaire sur lequel j’avais déjà exercé à Saint Pétersbourg et à Bruxelles. Je vous assure de tout mon engagement en la matière. Au cours des neuf mois écoulés, j’ai mesuré l’importance de l’ensemble des dossiers qui sont du ressort de ce consulat général. Au premier rang figure naturellement l’octroi des services administratifs auxquels ont droit nos compatriotes, résidents ou de passage, dans les six cantons romands.

Il est évident que la tâche qui a caractérisé notre activité ces derniers mois a été l’organisation des scrutins électoraux français. Le consulat général a été mobilisé sur ce sujet pendant une bonne année. Ce fut un travail considérable.

Qu’il me soit permis ce soir d’exprimer toute ma reconnaissance aux centaines de bénévoles qui, avec les présidents et secrétaires des bureaux de vote, nous ont aidés à remplir cette mission. Rien n’aurait été possible sans eux. Beaucoup sont présents parmi nous ce soir. Je ne voudrais pas oublier non plus toute l’équipe du consulat général qui a fait preuve d’un professionnalisme et d’une disponibilité qui l’honorent.
L’existence d’une communauté française expatriée d’une telle taille ne peut se mesurer sans la présence d’un réseau associatif ancien et nombreux. C’est le cas en Suisse romande. Je saisis cette occasion pour exprimer ma reconnaissance à tous les responsables des associations françaises présentes en Suisse romande pour la chaleur avec laquelle ils m’ont accueilli. Un Consul général nouvellement arrivé, où que ce soit, y compris à une encablure de la frontière, a beaucoup à apprendre de toutes celles et tous ceux qui, par leur expérience, font passer les bons messages et communiquent les bonnes pratiques. Leur connaissance du terrain est irremplaçable.

L’examen de la cartographie de la présence française en Suisse romande ne doit pas non plus ignorer les agences consulaires de France, à Sion et à Delémont. Leurs titulaires, les consuls honoraires, constituent nos relais auprès des autorités. Ils rendent également des services administratifs très appréciables à nos compatriotes.
J’ai toujours été convaincu, tout au long de ma carrière, de l’apport des consuls honoraires de France au rayonnement de notre présence. Je compte, dans les prochains mois, présenter des propositions pour faire évoluer, à ce niveau, notre présence en Suisse romande.

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Un consulat général comme celui de Genève, situé hors capitale, est également investi d’un rôle qui ne se limite pas au volet strictement consulaire. Les missions de représentation et d’observation de l’actualité dans les six cantons romands m’ont également beaucoup occupé depuis mon arrivée. Le consulat général agit, à cet égard, en appui de l’action de l’ensemble des services de notre ambassade à Berne, qu’il s’agisse du service économique, du service de coopération et d’action culturelle, de l’attaché de défense ou de l’attaché de sécurité intérieure, ainsi que des représentations, installées à Zurich, de Business France et d’Atout France pour l’appui aux entreprises et la promotion du tourisme et de l’attractivité du territoire français.

Je relève particulièrement, s’agissant du volet économique, les nombreux contacts que nous entretenons avec les entreprises et sociétés françaises installées ici. A cet égard, les chambres consulaires (essentiellement CCIFS et CCIG en ce qui nous concerne), ainsi que le réseau des CCEF, constituent une caisse de résonance de tout premier plan afin de comprendre l’environnement économique et commercial bilatéral. Grâce aux évènements auxquels je suis associé, j’ai rencontré très vite nombre de nos compatriotes impliqués dans la relation économique avec la Suisse romande et pu ainsi mieux percevoir les enjeux.

Cette fonction d’observation me conduit naturellement à me rapprocher des autorités cantonales et municipales. Ces contacts ne sont pas achevés et se poursuivront dès la rentrée. J’ai constaté l’esprit de coopération et de confiance avec lequel nos partenaires suisses abordent la relation avec ce consulat général. Cette dynamique est un moteur pour moi. Elle constitue la garantie de la richesse de nos échanges futurs.

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Mesdames, Messieurs, la proximité géographique des cantons romands avec la France voisine confère à la coopération transfrontalière une importance primordiale dans nos relations. Dès mon arrivée, j’ai été associé aux réunions des instances qui donnent vie aux différents volets de la coopération transfrontalière, depuis le canton de Genève jusqu’à la coopération transjurassienne, en passant par le Conseil du Léman, qui vient de célébrer ses 30 ans, sous la présidence de Mme la Députée Virginie Duby-Muller.

Quand 135 000 Français p assent quotidiennement la frontière, dont 85 000 dans le seul canton de Genève, rien ne va de soi. Il s’agit à la fois d’une grande force et d’un grand défi que doivent relever, de part et d’autre de la frontière, les divers acteurs de ce bassin de vie.

Car il s’agit bien là d’un bassin de vie, et pas seulement d’un bassin d’emploi. J’ai pris conscience de l’extraordinaire richesse que représente cet espace où de nombreuses énergies peuvent se conjuguer et dont les atouts, économiques, universitaires, culturels, sont incontestablement à l’échelle d’un vrai projet européen.
Dans mes contacts avec les principaux responsables, en France comme en Suisse romande, j’ai été frappé par la profonde connaissance que nombre d’entre eux ont du partenaire. Les parcours personnels, familiaux, professionnels, transcendent bien souvent la frontière. C’est cette proximité qui, avant toute chose, et bien au-delà des aléas politiques, doit constituer le ciment avec lequel façonner l’espace transfrontalier qui est, qu’on le veuille ou non, notre cadre de vie. Cet espace est incontestablement porteur d’avenir et ne peut laisser personne indifférent.

Je souhaite, à mon niveau, qui demeure celui d’un observateur, donner toute mon énergie afin de faire passer les messages qui conviennent, favoriser les rencontres, faire avancer les projets. Le consulat général de France à Genève, au carrefour de tant d’instances, est bien placé pour jouer ce rôle de passeur et de facilitateur.

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Mesdames, Messieurs, chers amis, c’est avec enthousiasme que j’ai pris mes fonctions à Genève. Cet état d’esprit sera le mien pour la suite de mon séjour. Représenter la France dans cette partie de la Confédération est un honneur. Je vous remercie du soutien que vous me manifestez. Soyez assuré de mon engagement.
Vive la Suisse ! Vive la France ! Vive l’amitié franco-suisse !

Je donne maintenant la parole à M. Joachim Son Forget, Député des Français de Suisse et du Liechtenstein.

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publié le 18/07/2017

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