Les Français de Suisse - portrait du mois : Jean-Pierre GREFF, Directeur de la Haute école d’art et de design - Genève (HEAD)

A la tête de la Haute école d’art et de design - Genève (HEAD) depuis sa création il y a dix ans, Jean-Pierre Greff en a fait une académie réputée bien au-delà des frontières du canton. Il a accepté de répondre à nos questions.

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- Jean-Pierre Greff, pourriez-vous vous présenter, décrire votre parcours, et nous dire ce qui vous a conduit à vous installer à Genève ?
Mon parcours est d’abord celui d’un jeune universitaire (Lettres modernes – Histoire de l’art) qui très vite fera plutôt le choix des écoles d’art, séduit par leur singularité de projet, l’intensité de leurs étudiants et par le fait que la pensée y est toujours articulée au faire. Après dix ans d’enseignement dans plusieurs écoles (Cambrai, Amiens, Nantes surtout), j’ai été encouragé à prendre la direction de l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg dont nous avons, en dix ans là encore, profondément renouvelé le projet. Je cherchais alors une expérience autre, à l’étranger, mais dans un pays francophone. Genève était l’une des écoles que j’avais à l’esprit. J’en connaissais l’histoire prestigieuse. L’opportunité s’est présentée au bon moment ; je l’ai suivie.

- Il y a dix ans, vous vous êtes vu confier la direction de la Haute école d’art et de design – Genève, après la fusion de l’Ecole supérieure des beaux-arts et de la Haute Ecole d’arts appliqués. Vous avez contribué au rayonnement international de cette institution. Qu’est-ce qui fait aujourd’hui le succès de la Haute école d’art et de design – Genève ?
En réalité, j’ai mené tout le processus de fusion des deux écoles et de création de la Haute école d’art et de design - Genève. J’en avais écrit le projet (institutionnel mais avant tout fondé sur un projet pédagogique et artistique ambitieux) qui avait reçu l’approbation et le soutien du magistrat alors en charge du Département d’Instruction Publique, Charles Beer, et du nouveau directeur général de la Haute Ecole spécialisée genevoise, François Abbé-Decarroux. Ancré dans Genève en prise avec tout ce qui fait la vie de la cité, le projet s’est, d’emblée, naturellement pensé dans une dimension très internationale. Cela me semblait une ambition naturelle pour Genève, au regard de sa place dans le monde. Une école ambitieuse donc, pour ses étudiants, d’abord et surtout, et, en second lieu, pour le territoire auquel elle appartient. Une école ouverte et conviviale – au cœur de la cité – qui inscrit ses projets à travers les situations les plus diverses qu’offre cette Genève au 1 000 visages, qui multiplie des partenariats de toutes natures avec l’ensemble des structures culturelles institutionnelles ou indépendantes, mais aussi avec l’ensemble des acteurs du monde socio-économique. C’est en partie ce qui fait le succès de la HEAD aujourd’hui en Europe et au-delà. Mais l’essentiel reste la qualité de ses enseignant-e-s, toutes et tous artistes ou designers en activité et de grande réputation, ainsi que celle ses étudiant-e-s de toutes origines (plus de 40 nationalités au sein de l’école), sélectionnés à l’issue d’un concours très exigeant.

- Quels conseils donneriez-vous à un Français qui souhaiterait venir étudier ou travailler en Suisse dans les domaines des arts ou du design ?
D’abord, je l’y encouragerais. La Suisse est un espace de travail très privilégié pour les artistes et designers. Il y a là un écosystème de la création très favorable dont la formation est l’un des piliers, mais aussi un réseau très dense de musées et centres d’art, de collectionneurs découvreurs, un lien puissant entre création et économie, une véritable légitimité et un prestige social de l’art et du design (comme de l’architecture).
En second, je leur dirais, ne venez que si votre motivation est absolue. L’exigence est très élevée, vous devrez beaucoup travailler…

publié le 20/09/2017

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